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Tendances Technologie :

L'amélioration des logiciels de vision artificielle ouvre de nouvelles perspectives pour le guidage de robots industriels ou encore la vidéosurveillance.

Titre de l'article : Les machines voient de plus en plus clair

Guidage de robots industriels ou de véhicules, contrôle qualité, vidéosurveillance... Les machines ont de plus en plus souvent besoin d'yeux: La vision artificielle, pourtant, reste une science difficile, car un objet n'est, visuellement parlant, quasiment jamais semblable à lui-même. Une petite variation de l'éclairage ou de l'environnement, un changement de position ou une déformation (écran de fumée, expressions du visage…) rendent délicate la recherche d'éléments stables (dits " invariants ") qui faciliteraient grandement la tâche des machines. Les outils de vision industrielle, qui permettent aux robots de positionner des pièces ou de contrôler la qualité, imposent donc des contraintes très fortes : leur environnement ne doit pas varier, car ils sont programmés pour vérifier que des informations précises (couleurs, formes…) se trouvent bien à l'endroit prévu.

Certaines recherches récentes permettent cependant d'envisager des logiciels plus flexibles. Au Canada, David Lowe a mis au point la méthode Sift, qui cherche à reconnaître un objet à partir - notamment - de ses coins. A Marseille, la société Uratek, fondée par un chercheur du CNRS, Philippe Guillemant, utilise le " plongement fractal " : il consiste, grossièrement, à extraire les formes et les contours d'une image avant de les représenter par une courbe, dite " fractale ", constituée de points chaînés les uns aux autres en fonction de leur voisinage. Ce qui permet de reconnaître ensuite objets, animaux ou personnes grâce aux voisinages de points qui leurs sont propres, même en mouvement. La méthode ouvre de nouvelles perspectives pour la vidéosurveillance, la vision industrielle, mais aussi le guidage de véhicules (sous-marin, fauteuil pour handicapés, drone…), ou l'armée (visée). Mais les logiciels ne suffisent pas : pour inspecter des nanocomposants sous toutes leurs facettes, des chercheurs finlandais ont du aussi mettre au point des micromachines dotées, notamment, de microscopes et d'éclairages spéciaux… L'infiniment petit nécessite décidément un attirail bien complexe !

C. B.